Arboretum Ce petit chemin qui sent la noisette...

Il ne vous arrive jamais d’avoir une envie subite de vous balader sous des allées plantées d’arbres aux feuillages bruissant au vent ? De simplement vous déplacer futilement d’un insignifiant point A vers un hasardeux point B, juste pour le plaisir de vous dégourdir les pattes ? Moi non plus ! Les arbres je les aime coupés, broyés et compressés en feuillets de carton, imprimés d’illustrations et posés sur une table faites d’autres arbres coupés, taillés et assemblés. Mais bon, si ces illustrations sur bout d’arbres représentent d’autres arbres complets, plantés, composant des chemins, je n’y ferais aucune objection. Et Arboretum tombe dans cette catégorie (il est peut-être le seul).

Planteur à l’essence

Trêve de charabia pseudo-méta-thématique, on veut jouer ! Et Arboretum se joue de manière extrêmement simple :

  • Chaque joueur se voit distribué 7 cartes en début de partie.
  • A son tour, un joueur doit piocher deux cartes, soit dans la pioche commune (face cachée), soit dans la défausse d’un autre joueur (face visible). Ces deux cartes peuvent provenir de deux tas différents (par exemple : une carte dans la pioche et une dans la défausse du joueur de droite).
  • Puis il doit « planter un arbre» (poser une carte de sa main) dans son « arboretum » (espace de jeu) en respectant une unique règle de pose qui suit : une carte doit-être adjacente à au moins une carte de valeur différente. Le but du jeu étant de tracer des « chemins » (suites) de cartes de valeurs chronologiques : soit croissante, soit décroissante, lisibles dans n’importe quel sens et avec un nombre illimité de virages, sans obligation de contenir tous les chiffres consécutifs (on peut faire 3-5-6-8 par exemple) mais toujours strictement croissante ou strictement décroissante.
  • Enfin, il doit défausser une carte de son choix dans sa défausse personnelle. Il aura de cette façon toujours 7 cartes en main entre chacun de ses tours.
  • Puis le joueur à sa gauche fait de même, et ainsi de suite. On joue jusqu’à ce qu’il n’y ai plus aucune carte dans la pioche ce qui donne alors lieu aux décompte de point fatidique.
Arboretum cartes

Il vous arrive parfois de regretter les natures mortes de votre arrière-tante qui l’est tout autant ? Si oui, réjouissez-vous.

Effeuillage et hausse de tension

Et là je vais vous demander d’être trèèèès attentif, car c’est ce décompte qui va être le vecteur de tous les dilemmes que vous allez devoir résoudre durant la partie.

Pour être comptabilisé, chaque chemin doit commencer et se terminer par un arbre d’une « essence » identique (par exemple, deux Chênes), en plus d’être une suite de valeurs strictement croissante ou strictement décroissante.

Mais, un seul chemin d’une même essence ne peut être comptabilisé qu’une seule fois pour l’ensemble des joueurs. C’est-à-dire que l’on va comparer les cartes de cette essence restantes en main pour chaque joueur, celui qui a la plus grosse somme de valeurs sur ces cartes peut comptabiliser un chemin de commençant et se terminant par l’essence en question. S’il n’en a pas, c’est tant pis pour lui, et pour tous les autres en fait. (Je vois l’éclat d’une fourberie naissante dans vos iris, vous commencez à comprendre) Et il y a une petite subtilité : si un joueur à gardé un 1 dans sa main, le 8 de la même couleur ne compte pas pour ce décompte. (Vos pupilles lubriques deviennent embarrassantes)

Chaque arbre dans un chemin comptabilisé rapporte un point pour son propriétaire. Puis, si une suite est composée exclusivement d’arbres d’une même essence, ces points sont doublés. Et enfin, si un chemin se commence par un 1, il vaut un point de plus, et encore deux de plus s’il se finit par un 8.

Arboretum partie chemins.

Voilà de biens beaux chemins, mais encore faut-il s’assurer d’avoir la majorité dans leurs essences pour pouvoir comptabiliser tous ces points !

C’est pas pour les glands

Très vite vous vous rendrez compte que chaque carte de votre main compte, soit permettant de constituer une suite, soit assurant votre majorité pour le décompte d’une essence, soit pour empêcher un joueur de marquer des points sur une autre essence, soit simplement pour qu’un de vos adversaires ne s’en empare pas. Et il deviendra crucial de compter les cartes de chaque essence et de déduire les mains de vos adversaires, afin de répondre à cette question cruciale qui marquera la fin de chacun de vos tours : « Quelle carte je peux jeter ? ». A côté de ça, il vous faudra encore optimiser votre arboretum pour marquer un maximum de points avec autant de cartes que chaque autre joueur, sans oublier que ceux-ci peuvent tout à fait s’arranger pour vous pourrir la partie lorsqu’ils commencent à comprendre votre stratégie. Tout ça vous assure une partie tout en tension durant laquelle vous pourrez entendre les neurones de vos adversaires s’entrechoquer. Si vous avez tendances à avoir les mains moites lorsque vous êtes concentrés, je vous conseillerai de protéger les cartes car sinon il faudrait très vite trouver d’autres arbres à couper, broyer, compresser…

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