Le Seigneur des Anneaux coopératif C'est Sacquet bon !

Le Seigneur des Anneaux, le jeu co-op : c’est Sacquet bon.

Dans un trou vivait un Hobbit

Dans Le Seigneur des Anneaux, chaque joueur incarne un vaillant Hobbit dont la mission, périlleuse s’il en est, va être d’apporter l’anneau à la Montagne du Destin et de le cramer dans les feux de l’enfer. Il s’agit d’un jeu coopératif : les joueurs gagnent tous ensemble s’ils détruisent l’anneau, ou perdent tous ensemble contre le mal dans le cas contraire. Formant une communauté, les Hobbits devront survivre à la traversée de la Terre du Milieu, et trouver la force de détruire l’anneau à l’issue du périple, ce qui n’est pas une mince affaire.

Les Hobbits. Notez que la plupart des images de cet article comparent l’ancienne et la nouvelle version, et que ce sont des VO, mais le jeu existe en VF chez Edge.

Vous serez la communauté de l’anneau

Au début de la partie, chaque joueur choisit un Hobbit, chacun étant doté d’un avantage spécifique. Frodon peut utiliser quasi n’importe quelle carte comme un joker, Sam résiste mieux à l’influence maléfique de l’anneau, etc. La communauté peut accueillir jusqu’à 5 joueurs : les trois autres sont Merry, Pippin et Gros Bolger (que personne ne connaît soit dit en passant, mais on s’en fout il est là). Le mal, quant à lui, est représenté par Sauron, qui cherche à tout prix à récupérer son bien.

La surface de jeu se présente sous la forme de deux plateaux : un plateau fixe et un plateau amovible. Le plateau fixe représente le périple général des Hobbits, indiquant leurs différentes étapes et ce qu’ils doivent y faire. Le groupe est représenté par un pion que l’on déplacera au fur et à mesure de la partie : les Hobbits commencent à la Comté, puis traversent Fondcombe, la Moria, la Lorien, le Gouffre de Helm, puis l’antre d’Arachné, et pour finir le Mordor. Les trois derniers lieux, ainsi que la Moria, sont appelés des « aventures » : lorsque le groupe les atteint, il doit se reporter au second plateau (amovible donc), et y mener l’expédition. Les lieux qui ne sont pas des aventures permettent au groupe de récupérer des cartes représentant des alliés ou objets qui les aideront dans leur quête (Aragorn, Boromir, une corde elfique, etc.)

Le plateau amovible indique donc le détail de chaque aventure que les Hobbits doivent traverser. Lorsqu’ils atteignent la Moria, le second plateau représente donc le détail de la Moria. Ensuite, s’ils parviennent au Gouffre de Helm, alors le plateau de la Moria sera remplacé par celui du Gouffre de Helm, etc.

La Moria, ancienne et nouvelle version. Notez les trois chemins possibles (voir plus loin pour l’explication).

Si nous utilisons l’anneau, ils le sauron

Sur le plateau fixe, une piste spéciale indique également à quel point chaque Hobbit est corrompu par l’anneau. Les Hobbits commencent tout à gauche de la piste, Sauron tout à droite, 12 cases les séparent (15 en mode Initiation), et certains évenements négatifs peuvent amener les Hobbits à avancer vers lui. En général, ces événements se présentent sous la forme d’un lancer de dé, qu’on appelle le dé de péril : selon le résultat, le lanceur doit avancer de 1, 2 ou 3 cases vers Sauron, perdre des cartes, ou faire avancer Sauron vers lui (et ses potes donc). Il peut aussi, dans un cas sur six, ne rien se passer du tout. Si Sauron se retrouve sur la même case qu’un Hobbit, alors celui-ci meurt ; s’il portait l’anneau, la partie est perdue !

Car je vous rappelle que le but du jeu est de détruire l’anneau : il faut donc bien que quelqu’un le trimballe. Au début de la partie, c’est Frodon. Mais l’anneau pourra changer de main au fil du jeu, grâce aux jetons « anneau » que le groupe ramasse sur les plateaux (d’autres jetons permettent de résister à son influence corruptrice). Le porteur de l’anneau est plus susceptible d’être corrompu que ses camarades, et avancera plus facilement sur la piste de corruption. En revanche, une fois par aventure, il peut passer l’anneau à son doigt pour se faufiler ninja-style sur un chemin dont les épreuves seraient trop difficiles. Passer l’anneau permet d’éviter de subir des événements négatifs déclenchés par le plateau ; en revanche cela augmente les risques de se faire gauler par Sauron (car passer l’anneau demande de lancer le dé de péril, encore une fois).

Le plateau fixe, avec en haut, les différentes étapes de la quête, et en bas la piste de corruption.

Je cherche quelqu’un pour prendre part à une aventure

Chaque Hobbit commence la partie avec une main de cartes qui lui permettra de survivre aux dangers de chaque plateau. Ces cartes sont de 4 types : combat, défense, marche et amitié. Un petit symbole identifie chaque type : une épée croisée d’une hache pour le combat, un bouclier pour la défense, une silhouette pour la marche, et une pipe pour l’amitié (sans commentaires, bande de malotrus). Des jokers complètent le tableau.

Les cartes permettent ensuite de franchir les aventures, qui proposent plusieurs chemins correspondant chacun à un type de carte (par exemple pour la Moria il y a un chemin combat, un chemin défense et un chemin marche). Défausser une carte combat permet d’avancer d’une case sur le chemin combat. Chaque case vous permet de ramasser quelque chose : souvent des runes (lesquelles permettent d’appeler Gandalf au secours en temps utile), parfois des jetons, parfois des emmerdes (lancer le dé de péril). Pour chaque aventure, il existe un chemin principal à finir absolument, et des chemins secondaires qui donnent des bonus, des cartes supplémentaires, ou des jetons qui permettent de lutter contre l’influence corruptrice de l’anneau. De manière générale, on essaie donc de glaner quelques bonus à gauche à droite, sous réserve de ne pas mettre en péril l’aventure.

Car le temps presse ! À chaque tour, avant de pouvoir défausser une carte, on pioche une tuile « événement » qui permet soit d’avancer gratuitement d’une case sur un chemin, soit déclenche un événement négatif (genre Pippin fait tomber une pierre dans le puits de la Moria, des Orcs se radinent, etc.). Au bout de six événements négatifs, l’aventure est considérée comme perdue. Ce n’est pas la fin de la partie et on passe quand même à l’aventure suivante, mais en général à ce stade c’est mal engagé.

De plus, à la fin de chaque aventure, les Hobbits subissent l’influence corruptrice de l’anneau et se déplacent vers Sauron sur la piste de corruption de 1 à 3 cases, sauf s’ils ont ramassé les jetons qui vont bien pendant l’aventure.

Différents types de cartes.

One does not simply walk into Mordor

La dernière aventure, c’est le Mordor. Si au Mordor six événements négatifs surviennent, l’anneau est récupéré par Sauron et la partie est perdue : il convient donc d’avancer aussi rapidement que possible sans s’attarder pour récupérer des bonus. Si le groupe parvient au bout du Mordor, il peut alors tenter de détruire l’anneau en le jetant dans la Montagne du Destin. Vous voilà donc perché au-dessus du vide, l’anneau au bout de sa chaîne, la chaîne au bout de votre bras : vous devez résister une dernière fois à l’influence de l’anneau pour le laisser filer, en lançant le dé de péril. Si vous survivez (à ce stade, vous êtes en général juste sous le nez de Sauron), alors la partie est gagnée ! Sinon, vous mourez et c’est votre pote qui doit se farcir le jet de péril pour détruire l’anneau, et ce jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne ou que l’anneau soit détruit.

Le plateau du Mordor.

Mon précieux, il est à moi

Le Seigneur des Anneaux est donc un co-op pur jus, sans traître ni passager clandestin : tout le monde gagne ou tout le monde perd. Père de nombreux co-ops, il a l’avantage de bénéficier d’un thème très porteur et très bien exploité : on suit la progression de l’histoire, on retrouve des alliés qu’on connaît, on se sacrifie pour détruire l’anneau. Avec les films de PJ, tout le monde connaît le Seigneur des Anneaux à présent, mais il faut savoir que le jeu existait avant et présente de superbes illustrations de John Howe. Cela permet aux joueurs qui ne connaissent que le film de découvrir une autre approche non moins intéressante (et sans être perdu, puisque John Howe a participé au film lui aussi).

Le seul reproche que je ferais au jeu est la part trop importante de hasard. Si par malheur les événéments négatifs s’enchaînent mal, vous ne pourrez rien faire pour les contrer, et ça peut être très frustrant, car la règle veut qu’on repioche jusqu’à tomber sur un événement positif. Du coup, certaines parties sont très vite pliées, en bien ou en mal, selon le tirage. La loi des grands nombres fait que ça n’arrive pas systématiquement, ce qui permet tout de même de bonnes parties, à jouer impérativement avec la bande son de Howard Shore, et en citant de mémoire des passages du film.

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