City of Horror Cadavres exquis.

Vous n’êtes pas (encore ?) lassé par la thématique zombie ? Rien ne vous réjouit plus que de gagner la confiance d’un proche pour mieux la trahir à la première occasion ? La perspective de persuader vos camarades d’infortune de balancer mamie et son déambulateur dans la horde de morts-vivants pour faire diversion vous met en joie ? Ne bougez pas d’ici, j’ai le jeu qu’il vous faut.

Il y a quelque mois, cette partie du magazine – déclarée d’utilité publique depuis qu’elle prouve qu’il n’y a pas que le jeu vidéo pour perdre son temps et gâcher sa vie – était consacrée à l’excellent Zombie : la blonde, la brute et le truand. Dans les semaines qui ont suivi, j’ai reçu de nombreux courriers de lecteurs aussi amicaux qu’attentifs pour me faire remarquer que ce jeu de plateau délicieusement pervers n’était plus édité. J’en profite pour signaler à certains, parmi les plus désappointés, qu’on met en général deux « n » à « connard ». Mea culpa. Asmodée avait en effet, au grand dam des joueurs retors, cessé la production du jeu de Nicolas Normandon.

Ils peuvent aujourd’hui se consoler avec City of Horror. Conçu par le même auteur, le jeu, édité cette fois par Repos Prod, n’est pas un remake de Zombie : LBLBLT, mais plutôt une version 2.0, un peu moins calculatrice, mais plus nerveuse. De son aïeul, il reprend les principes fondateurs : faire survivre ses personnages, le plus souvent au détriment de ceux des autres, dans un lieu infesté de zombies. Le centre commercial fait place à une ville composée de cinq bâtiments (modulables et disposant de deux types de capacité spéciale pour varier les parties) et au centre de laquelle se trouve le carrefour, un lieu dangereux – comparable au parking de LBLBLT – où les personnages qui se sont fait refuser l’entrée d’un bâtiment faute de place côtoient ceux prêts à risquer leur vie pour tenter de grappiller quelques points de victoire en plus, sous forme de conserves de nourriture.

L’honnêteté ne paie pas

La bonne nouvelle, car il y en a une dans ce joyeux bordel, c’est qu’un hélicoptère va arriver dans 4 heures (et autant de tours de jeu) pour évacuer les survivants. La mauvaise, c’est que seuls monteront ceux disposant d’un antidote contre l’épidémie. Et des antidotes, vous vous doutez bien qu’il n’y en aura pas pour tout le monde. Chaque joueur va donc non seulement tenter de préserver ses protégés des vagues de zombies tout au long des quatre tours, mais également de leur décrocher leur précieux sésame vers la liberté et ainsi empocher les points de victoires indiqués sur chaque carte de personnage.

Les personnages, tiens, parlons-en : bien loin des trois archétypes de LBLBLT, City of Horror compte désormais 20 survivants possédant différentes capacités actives ou passives : du vigile qui peut dézinguer deux zombies pour défendre un bâtiment à la mamie qui ne peut pas se déplacer, en passant par la fillette qui peut se planquer dans un coin ou la blonde (de retour !) dont les cris d’effroi rameutent un zombie supplémentaire à chaque tour. Tout est donc affaire de stratégie, d’anticipation, mais surtout… de négociations et d’alliances. Car dès qu’il s’agit de se répartir les butins et antidotes glanés ça et là, ou de décider quel sera le personnage va se faire boulotter quand les défenses d’un lieu cèdent sous le nombre de zombies, tout se passe par des votes impliquant les joueurs présents. Et pour nouer des alliances, tout est bon : de la promesse qui n’engage que celui qui la croit au don d’une précieuse carte action ou d’un antidote… Les échanges sont totalement libres. Et les enfumages souvent fréquents. On se trahit, on s’engueule, on devient les pires ennemis du monde jusqu’à la prochaine alliance de circonstance…

Bref : un pur bonheur au terme duquel seules les pires enflures s’imposent.

lapin-couleur

Article original paru dans le magazine Canard PC

Référence dans les médias sur le jeu vidéo, Canard PC est le seul magazine de jeux vidéo en France à avoir plus de 10 ans d’existence sans interruption ni changement de propriétaire. Irrévérencieux, indépendant et engagé, sa ligne éditoriale n’a pas changé depuis sa fondation et il est reconnu comme une source d’information fiable et sans compromis par les joueurs comme par les professionnels du jeu vidéo.

Toutes les 2 semaines en kiosques ou en version numérique.

2 commentaires

  1. [message de fanboy de ZBBT]
    Clairement moins bien que l’ « original » Zombi : la Blonde la Brute et le Truand.
    Tout le charme de ZBBT (pour les intimes) vient de son excellent rapport putasserie / simplicité.
    Ici, tout ce qu’ils ont rajouté, c’est de trop. Les personnages tous différents (l’intérêt de la mamie ?), l’arrivée des zombis « équilibrée » (avec des cartes plutôt que des dés), le nombre de tours limités…
    La seule bonne idée, c’est l’antidote, qui force à se déplacer, mais quand les zombis se multiplient, pas besoin de carotte pour courir !

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