King & Assassins Assassin's qui?

Le monarque honni est revenu entouré de ses fidèles gardes. Des voix de protestation s’élèvent partout dans la cité, certains murmurent qu’ils vont renverser le roi. Ce dernier ignore les mises en garde de ses conseillers et décide de parader fièrement en ville, sans se soucier de la grogne de ses sujets. Pourtant le peuple crie et lève le poing à son passage. Parmi la foule en colère qui grossit à chaque coin de rue, des assassins se dissimulent, attendant l’opportunité d’en finir une bonne fois pour toutes avec le monarque. Ce moment est-il arrivé ?
King & Assassins est un jeu d’affrontement tactique asymétrique pour 2 joueurs. Un joueur contrôle le roi ainsi que 7 de ses loyaux chevaliers. Il doit emmener le roi en sécurité dans son château face à une foule en colère, ce qui peut l’amener à emprisonner des citoyens ou à éliminer de dangereux assassins qui tenterait l’impensable. L’autre joueur contrôle la foule en colère, 12 citoyens parmi lesquels se cachent 3 assassins. Son objectif est de tuer le monarque ou de l’empêcher d’atteindre son château afin de libérer le royaume de l’oppression.

Objectif

Le roi gagne :

  • si il élimine les trois assassins (en les capturant ou en les tuant). Dès que le joueur adverse a perdu son troisième assassin, il doit informer le roi.
  • s’il parvient à entrer dans son château.

L’assassin gagne:

  • si il élimine le roi en lui infligeant 2 blessures
  • si le roi n’est pas dans son château à la fin du dernier tour de jeu

Matériel

  • Un plateau double face (2 terrains de jeu)
  • Des silhouettes cartonnées et leurs socles (12 Citoyens, 3 Assassins, 7 Chevaliers, 1 Roi)
  • 1 Jeton blessure Roi (on le retourne quand le roi a été blessé une fois, à la seconde blessure, il meurt)
  • 12 cartes citoyens (pour sélectionner secrètement les 3 assassins cachés)
  • 15 cartes de jeu (on en utilise une à chaque tour pour distribuer les points d’action)
  • 2 feuilles de référence (aide de jeux)

King & Assassins plateau

Déroulement

Les silhouettes cartonnées (citoyens, chevaliers et roi) sont placées sur les emplacements de départs symbolisés sur le plateau. Le joueur qui contrôle la foule prend les 12 cartes citoyens et en choisit secrètement 3 qui seront les assassins cachés. On mélange les 15 cartes de jeu et on en fait une pile. Ensuite le jeu se déroule en une série de tours. A chaque tour, le roi révèle la première carte du paquet qui va indiquer combien de points d’action (PA) peuvent être dépensés par chaque joueur durant le tour. Le roi commence à jouer (roi et chevaliers), puis c’est au tour de l’assassin (citoyens et assassins). On recommence jusqu’à ce que le roi soit tué, arrive au château, que les 3 assassins soient neutralisés ou que le paquet soit épuisé, auquel cas l’assassin gagne si le roi n’est pas parvenu au château. Parfois, la carte comporte une icône « menottes » (7 cartes sur les 15) offrant la possibilité au roi de capturer un citoyen et ainsi de le retirer du jeu. Le joueur qui contrôle ce dernier ne précise pas s’il s’agit d’un assassin caché, le doute doit demeurer.

King & Assassins cartes

Les actions des joueurs

Le Roi

– Se déplacer d’une case de rue à une case de rue (1PA)
Le roi ne se déplace jamais sur un toit ! Si on regarde l’image du plateau plus haut, et sachant que les deux portes de son château sont en haut à gauche, on voit qu’il existe deux chemins pour y parvenir en se déplaçant uniquement dans la rue : en contournant le bâtiment par le bas puis la gauche OU en le contournant par la droite puis le haut. Ses chemins demandent respectivement 14 et 15 déplacements au plus court. Sachant que le nombre de déplacements maximum du roi dans une partie est de 19, la marge de manœuvre est très faible. On ressent bien ça quand on joue le roi, la tension entre la nécessité d’avancer coûte que coûte et le besoin parfois de sacrifier son déplacement pour temporiser une situation délicate.

Les chevaliers

  • Se déplacer d’une case de rue à une case de rue (1PA)
  • Se déplacer d’une case de toit à une case de toit (1PA)
  • Se déplacer d’une case de toit à une case de rue (1PA)
  • Se déplacer d’une case de rue à une case de toit (2PA)
  • Arrêter un citoyen sur une case adjacente et le retirer du jeu (1PA)
  • Tuer un assassin sur une case adjacente et le retirer du jeu (1PA)
    On ne peut pas tuer (ou arrêter) d’une case rue vers une case toit (l’inverse est possible). Positionner des hommes sur les toits à un coût mais offre un avantage certain.
  • Repousser un citoyen ou un assassin (0PA)

Sans doute la meilleure règle du jeu. Les chevaliers, un peu comme des CRS, peuvent repousser les citoyens avec leur bouclier durant leur déplacement. Même (et surtout) s’il y a plusieurs citoyens alignés, il y a des sortes de combo à faire. Les seules choses qui les empêchent de pousser sont : le bord du plateau (on ne peut pas sortir un citoyen du plateau), les cases de toits (on ne peut pas faire monter un citoyen sur un toit en le poussant), un autre chevalier ou le roi (chevaliers et roi sont considérés comme des obstacles inamovibles).

Les citoyens

  • Se déplacer d’une case de rue à une case de rue (1PA)
  • Se déplacer d’une case de toit à une case de toit (1PA)
  • Se déplacer d’une case de toit à une case de rue (1PA)
  • Se déplacer d’une case de rue à une case de toit (2PA)

Les citoyens se déplacent en tout points comme les chevaliers. Par contre, ils n’ont pas la possibilité de tuer/arrêter et repousser. De plus, ils subissent les poussées des chevaliers et peuvent se faire arrêter.

Les assassins

  • Se déplacer d’une case de rue à une case de rue (1PA)
  • Se déplacer d’une case de toit à une case de toit (1PA)
  • Se déplacer d’une case de toit à une case de rue (0PA)
  • Se déplacer d’une case de rue à une case de toit (1PA)
  • Blesser le roi (2PA)
  • Tuer jusqu’à 2 chevaliers par tour de jeu et les retirer du jeu (1PA pour le premier, 2PA pour le second)

Le joueur peut révéler un assassin à n’importe quel moment de son tour de jeu. Pour cela, il révèle l’une des cartes citoyen qu’il a secrètement choisi et remplace la silhouette du citoyen par celle d’un assassin. Les assassins ont un énorme avantage en terme de mobilité pour monter ou descendre d’un toit. Surtout, ils peuvent tuer des chevaliers et infliger des blessures au roi.

King & Assassins fiches personnages

Avis perso

Je me suis procuré King & Assassins il y a quelques mois et je l’ai adoré dès la première partie. Le système de jeu colle tellement à l’ambiance, c’est un vrai régal. Que ce soit la vindicte populaire avec ces citoyens qui se massent dans les rues vers leur souverain haï, la force autoritaire des chevaliers qui repoussent les citoyens sans ménagement et les arrêtent arbitrairement, la paranoïa d’un roi cerné par des assassins qui se cachent en plein jour ou la fourberie d’une bande d’assassins prêts à tout pour en finir, chacun des quatre camps est terriblement bien retranscrit à travers le système de jeu.

J’ai également apprécié un système simple et diablement efficace, permettant mine de rien pas mal de variations tactiques :

  • exploiter l’information du nombre de PA de l’assassin (le roi joue toujours en premier), se déplacer et déplacer la foule pour ne pas se faire blesser
  • l’utilisation des toits, souvent essentielle pour un camp comme pour l’autre
  • le choix d’envoyer ses gardes sécuriser en amont ou au contraire d’adopter une formation resserrée autour du roi
  • l’utilisation de la technique de repoussement et des combos
  • la sélection des assassins, suivant que l’on préfère mettre en place un guet-apens localisé, disséminer ses forces, attaquer tôt pour créer la confusion et s’offrir des ouvertures ou tard pour forcer l’arrestation d’innocents et endormir la méfiance du roi
  • le choix de révéler ou non ses assassins, suivant que l’on préfère jouer la surprise ou la mobilité
  • le choix de blesser directement le roi ou de plutôt chercher à réduire sa garde rapprochée
  • les tentatives pour bloquer/ralentir la progression du roi en entassant les civils

Il y a évidemment beaucoup de mind-game, de bluff et un peu de chance dans le choix des assassins, le comportement de la foule et les arrestations. Outre l’emplacement de départ de l’assassin, qui pour le coup est un choix tactique, le choix d’un visage plutôt qu’un autre peut faire la différence en terme de mind-game.

Je pense notamment à mon « roux » qui a endossé son costume d’assassin tant de fois avec brio. C’est tellement bon de jouer avec la paranoïa du roi en agissant de manière louche ou de manière trop sage. Tout est prétexte pour le faire douter. A l’inverse il est plaisant de repousser sans vergogne la foule en colère histoire de coincer un type dans un recoin ou d’arrêter arbitrairement les citoyens les plus louches en examinant les réactions de son adversaire.

King & assasins le roux

Le « roux », meilleur assassin du jeu (avis personnel)

Dernier point et non des moindres, les parties sont assez courtes, environ 30 min (15 tours maximum). Les parties s’enchainent très bien. Le plus dur, comme souvent, c’est de s’arrêter.

1 commentaire

  1. Bonjour,
    Oui tout à fait d’accord, c’est un exellent jeux!
    Une question me taraude, est ce que je peux repousser de plusieurs cases le meme citoyen etant donné que cela ne coute aucun point d’action? Je ne trouve pas de précision sur ce sujet.
    Merci d’avance pour votre réponse

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