Sid Meier’s Civilization De Spartacus à Buck Rogers.

Bon, le travail est assez calme aujourd’hui, voici donc avec un peu d’avance la présentation de Sid Meier’s Civilization.

« Toutes les civilisations ne se valent pas » Claude G.

Tiré de la célèbre franchise du jeu vidéo éponyme, et édité dans notre belle langue par Edge Entertainment, voici la présentation de la version jeu de plateau de Civilization. Dans ce jeu, vous aurez à diriger votre civilisation de l’Antiquité à l’ère moderne, en gérant l’économie, le développement industriel et social, et bien sûr le développement technologique de votre nation. Le tout en fondant de nouvelles villes dans un environnement où trois adversaires ne rêvent que de brûler vos villes.

Cette présentation sera divisée en trois parties : dans la première, nous parcourrons brièvement le tour de jeu et les règles ; dans la seconde, je vous présenterai les forces et faiblesses de ce jeu à mon sens ; et enfin, dans la troisième nous aborderons les nouveautés inclues dans l’extension « Gloire et Fortune ». Étant donné l’abstraction et la complexité des règles, je ne les présenterai que de manière superficielle, n’hésitez pas à me poser des questions pour plus d’informations.

Objectifs et résumé des règles

A l’instar de son grand frère vidéo-ludique, Civilization vous propose quatre manières différents de gagner. La victoire militaire verra le joueur ayant réussi à prendre une (et une seule) capitale ennemie l’emporter ; la victoire scientifique couronnera le premier joueur à atteindre la dernière technologie de l’arbre technologique (le voyage spatial) ; la victoire culturelle récompensera le premier joueur à atteindre le dernier stade de l’échelle culturelle ; et enfin la victoire économique permettra au joueur ayant récupéré 15 pièces d’or (qui représentent plus ou moins votre trésor) de l’emporter. Certes, cela n’est pas très clair pour l’instant, mais la présentation ci-dessous des règles éclairera un peu les choses.

Civilization - 2

Le plateau en début de partie

Avant le début du jeu, chaque joueur choisit sa civilisation parmi les six disponibles (Allemagne, Amérique, Chine, Egypte, Rome et Russie ; chacune d’elle ayant des attributs propres) et place sa capitale sur la tuile qui correspond à son pays. Il faut savoir que le monde est alors construit aléatoirement avec des tuiles face cachée, le plateau de jeu change donc à chaque partie. Il faut également noter que des symboles sont dessinés sur le plateau de jeu : des petites flèches représentant le commerce, des petits marteaux représentant la production, des petites colonnes représentant la culture, et des ressources rares (encens, fer, etc.).

Le jeu se déroule en cinq phases.

Début du tour

Il s’agit d’une phase « résiduelle », où sont accomplies des actions de mises en place : fonder une nouvelle cité, changer de gouvernement, etc. A condition bien entendu que le joueur soit dans les conditions pour le faire.

Commerce

Durant la phase de commerce, les joueurs comptent les petites flèches présentes dans la périphérie (c’est à dire les cases adjacentes) de toutes leurs cités, et font monter le compteur de commerce de leur civilisation. De manière succincte, ce commerce permettra par la suite de faire de la recherche scientifique ou d’accélérer la production. De plus, il peut être échangé avec un autre joueur contre des ressources rares, ou des promesses.

Gestion de la cité

Il s’agit d’un des phase cruciale du jeu. Chaque pourra donner un ordre, et un seul, à chacune de ses cité (sachant qu’on peut avoir au maximum trois cités) :

  • Produire : le joueur compte les petits marteaux dans la périphérie de la cité, et produit un bâtiment, une unité, une merveille ou une armée s’il obtient suffisamment de marteaux (par exemple, en début de partie, un grenier coûte cinq marteaux). A noter qu’il est possible de payer trois points de commerce pour générer un marteau en plus. C’est durant cette phase qu’on peut construire une merveille du monde, très coûteuse mais donnant des boni assez puissants.
  • Récolter de la culture : la cité génère un point de culture plus un pour chaque symbole de culture présent dans la périphérie. Cette culture permet d’avancer, durant la phase de gestion de la cité, sur l’échelle culturelle. De base, le plateau a peu de symboles culturels, mais construire des bâtiments permet de développer celà (temples, bibliothèques, etc.). Chaque avancée sur l’échelle culturelle permet de prendre une carte culture (un genre de carte évênement assez puissante pour le joueur) ou de prendre un personnage illustre, qui est un genre de « super bâtiment » à mettre en périphérie de la cité. C’est grâce à ce mécanisme qu’un joueur peut obtenir la victoire culturelle.
  • Récolter une ressource rare : la cité récolte une ressource rare si un symbole idoine est présent dans sa périphérie. Ces ressources permettent des boni en fonction des technologies découvertes (par exemple, investir une ressource de blé sur la technologie maçonnerie donnera un boost de marteaux pour une cité).

Vous l’aurez compris, le placement de vos cités est essentiel, et il s’agit de fonder des cités sur des bons spots sous peine d’avoir à « mettre sous perfusion » une cité. Naturellement, vous atteindrez bien vite les limites de ce que vous offre le terrain, et vous devrez construire des bâtiments dans les périphéries de vos cités pour accroître leur efficacité (par exemple, le grenier donne un peu de commerce et un peu de production, la bibliothèque offre de la culture, etc.)

Déplacement

Durant cette phase vous… déplacez vos figurines (ô surprise) en fonction de leur vitesse. De base, les figurines peuvent se déplacer de deux cases par tour, mais des technologies permettront d’augmenter cette vitesse. Vous disposez de deux types de figurines : les colons, qui permettent de fonder de nouvelles villes ou de transférer une partie de la production à des villes existantes ; et les armés, qui permettent d’attaquer. En début de partie, le plateau est truffé de villages barbares (certains amicaux et d’autres moins), et vos armées seront bien utiles pour… hum… « civiliser » les barbares, qu’ils le veulent ou non. Par contre, si vous rencontrez des figurines ou des cités adverses, un combat commence.

Je ne m’étendrai pas sur le combat, vu que c’est assez abstrait. En résumé, il s’agit d’un genre de shifumi entre différents types d’unités (infanterie, cavalerie, artillerie, et aviation en fin de partie) où le niveau de professionnalisme des armées et leur niveau technologique sont pris en compte. En cas de combat, le vainqueur obtient une prise de guerre (il peut voler des ressources, de la culture, etc.). Si un joueur réussit à prendre une capitale adverse (ce qui n’est pas une mince affaire) il remportera une victoire militaire.

Recherche

Civilization - 3

Une pyramide technologique complète.

Enfin, arrive la phase de recherche. Ici, les joueurs peuvent découvrir de nouvelles technologies. Celles-ci sont basées sur un principe assez malin à mon sens : la pyramide technologique. En gros, les recherches sont découpées par âge (de 1 à 5, la recherche d’âge 5 représentant la victoire scientifique), qui sont de plus en plus coûteuses. Pour pouvoir faire une recherche, un joueur doit avoir suffisamment de commerce et l’investir en totalité. Mais il doit avoir au moins deux recherches d’âge 1 pour pouvoir faire une recherche d’âge 2, deux recherches d’âge 2 pour pouvoir découvrir une recherche d’âge 3, etc. Ceci afin d’éviter d’inventer l’aviation à l’antiquité.

Ces recherches sont le coeur des possibilités d’un joueur. Elles accroissent son déplacement, sa limite de cité, le niveau technologique de ses troupes, débloquent des bâtiments, etc. En règle générale, quand un nouveau joueur demande « comment on fait ça ? », la réponse sera à 90% des cas : « c’est une technologie ». Les recherches permettent également du « commerce interne ». Par exemple, la démocratie permet d’échanger du commerce contre 1 pièce d’or, mais une fois par tour. C’est notamment via cette génération de pièces d’or qu’un joueur peut obtenir la victoire économique. Enfin, les technologies permettent de débloquer les gouvernements, qui donnent un petit bonus passif à votre civilisation.

Oui d’accord, mais c’est bien ?

Alors, suite à ce pavé indigeste, que penser de Civilization ? En ce qui me concerne, j’aime énormément ce jeu. Je le trouve plutôt fluide, fidèle au jeu vidéo que j’aime beaucoup, et très prenant. Les mécanismes sont plutôt intelligents et bien retranscrits. De plus, il permet des tractations diplomatiques intéressantes.

Pour autant, je dois reconnaître qu’il n’est pas exempt de défauts. Le jeu est assez long et très abstrait pour les gens ne connaissant par le jeu vidéo. A réserver à des joueurs confirmés donc (d’autant qu’un débutant aura tendance à développer sa civilisation « dans son coin »). Par ailleurs, les traits spéciaux des civilisations ont tendance à « verrouiller » certaines civilisations pour certains types de victoires (Allemagne pour la victoire militaire, par exemple). De plus, dans le jeu de base, les victoires sont assez déséquilibrées (la victoire économique est très puissante !). Enfin, la mise en place du jeu est assez longue, vu l’énorme quantité de matos fourni avec.

Néanmoins, c’est à mon sens un très bon jeu, et je le recommande à tous les fans du jeu vidéo ainsi qu’aux amateurs de jeux de civilisations.

Vers la fortune et la gloire ?

Un mot sur l’extension Gloire et Fortune, que je possède. Elle rajoute des mécanismes intéressants (des pouvoirs spéciaux pour les personnages illustres, des reliques neutres sur le plateau de jeu, etc), elle rééquilibre les victoires, rajoute des technologies et cartes culturelles, et des nouvelles civilisations.

Civilization - 4

Je pense qu’elle est plutôt indispensable si l’on apprécie le jeu de base, mais j’y mets un bémol : les nouvelles civilisations sont très puissantes, trop, à mon sens, par rapport aux civilisations du jeu de base. Sinon c’est de la bonne !

Voilà, c’était ma présentation de Sid Meier’s Civilization. J’espère vous avoir donné envie d’y jouer, et j’espère également que vous ne trouverez pas le pavé ci-dessus trop indigeste. Comme vous pouvez le voir, le jeu est assez complexe à expliquer. N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez !

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