Star Realms Ascension aux lasers

Star Realms est un petit jeu de cartes, facile à transporter, simple et rapide. Et pour ne rien gâcher, il s’avère relativement varié et profond. Le jeu vous propose de vivre des affrontements spatiaux pour 1 à 6 joueurs, en sachant toutefois que le jeu est avant tout équilibré pour des duels.

Beaucoup de jeu dans une petite boite

Il s’agit d’un « deckbuilder », c’est à dire que les joueurs vont faire évoluer leur deck de cartes pendant la partie (à ne pas confondre avec les jeux « construits », où les joueurs arrivent avec un deck personnalisé avant la partie). L’essentiel de la stratégie consiste donc à acquérir les bonnes cartes pour constituer un deck capable de contrer la stratégie adverse et ainsi remporter la partie.

« Chopper le Brain World pour scrapper vos Scouts et piocher des Blob Destroyers, ça roxxe du poulet de l’espace » – Sun Tzu, l’Art de la Guerre, Vème siècle av. J.C

Ca y est, vous avez été élu Grand Chef Galactique Suprèmissime de votre coin de galaxie. Ou alors vous avez tué tous vos rivaux et pris le pouvoir de force. Enfin peu importe, maintenant vous régnez sur une petite colonie constituée de 10 vaisseaux : 2 Vipers qui font piou-piou, et 8 Scouts qui font schgling-schgling en remplissant vos coffres. Vous avez donc un petit deck de 10 cartes-vaisseaux à votre disposition, et votre adversaire également. Bon, vos vaisseaux sont un peu pourris, mais faut un début à tout ! A chaque tour, vos allez piocher 5 cartes et les jouer : aucun intérêt à les garder car vous défaussez votre main à la fin du tour de toute façon. Les vaisseaux qui font piou-piou vont vous permettre de vous adonner au petit plaisir simple de mettre sur la gueule à la faction d’en face. Tandis que les vaisseaux qui font schgling-schgling vous permettront de faire évoluer votre deck en achetant des cartes dans la Trade Row : ce sont 5 cartes face visible, qui sont remplacées après achat en piochant dans le gros deck constitué de toutes les cartes du jeu non possédées par les joueurs. Pour acheter une carte, il suffit de payer son coût. On la pose alors sur notre pile de défausse, qui sera mélangée à notre deck la prochain fois que celui-ci sera épuisé.

Les tours sont très fluides : on pioche ses 5 cartes, on les joue, on achète ce qu’on peut, puis on tabasse son adversaire. Cela continue jusqu’à ce que les points de vie (enfin pardon, l’Autorité) d’un des joueurs soient réduits à zéro. Les règles très simples et permissives font que l’on n’a quasiment aucune chance de faire une erreur de règle. Mais cette simplicité ne se fait pas au détriment de la stratégie, grâce à un certain nombre de mécaniques bien pensées. En plus des vaisseaux, qui déclenchent leur effet et quittent le jeu immédiatement, on peut poser des bases qui vont rester en jeu jusqu’à leur destruction par l’adversaire (généralement dans une grande explosion de plasma du plus bel effet). Cela permet d’avoir des capacités sur lesquelles on peut compter pendant plusieurs tours, ou au contraire de se constituer une défense grâce à des Avants-Postes sacrifiables que le joueur adverse doit détruire avant d’espérer vous toucher.

Ensuite, le fait que la Trade Row soit partagée par les deux joueurs ouvre la porte à des techniques de fourbe : piquer ou détruire les meilleures cartes, et surtout s’arranger pour laisser à l’adversaire des cartes qui ne l’intéresseront pas. Cela est notamment rendu possible par l’existence de 4 factions distinctes : l’Empire, la Communauté de… non, la Fédération du… oh et puis zut : les Jaunes, les Verts, les Bleus et les Rouges. En fonction de la composition de votre deck, vous allez être plus attiré par telle ou telle carte, ce qui fait que la meilleure carte pour vous n’est pas forcément celle que préférera votre adversaire. En schématisant beaucoup : plus votre deck est mono-color, plus les cartes auront des synergies entre elles qui les rendront plus puissantes grâce aux « capacités alliées ». Par exemple, une carte verte peut indiquer que si une autre carte verte est jouée le même tour, alors vous gagnez 3 points de combat supplémentaire et piochez une carte. Mais si vous investissez trop lourdement dans une seule couleur, vous devenez totalement dépendant de la stratégie de cette faction : par exemple les verts tapent fort mais n’ont quasiment pas de défense. Un adversaire expérimenté pourra alors s’orienter facilement vers une stratégie qui contre la vôtre. C’est là, lorsque deux joueurs de niveau comparable s’affrontent, que le jeu prend toute sa saveur : il faut arriver à se développer, tout en analysant la stratégie de l’adversaire pour lui mettre un maximum de bâtons dans les roues. Enfin pardon, de mines thermo-ioniques dans les centrales à fusion. Enfin vous voyez l’idée.

Afin de ne pas être déçu par le jeu, il est important de savoir que la chance y joue un rôle relativement important. Pour vos donner une idée, les meilleurs joueurs ont un taux de victoire d’environ 60%. Alors certes, c’est parfois frustrant de perdre une partie sur « la faute à pas de chance » (le terrain était lourd, les sangliers avaient mangé des cochonneries, tout ça…). Mais cela permet également d’avoir des parties intéressantes car il y a toujours du suspense, même si un des joueurs est meilleur que l’autre. Un retournement de situation improbable est toujours possible. Et si vous enchaînez 4-5 parties (ce qui est tout à fait possible vu la durée du jeu, autour de 20min quand les joueurs connaissent bien les cartes), la chance va se moyenner et vous pourrez désigner clairement un vainqueur qui devra payer l’apéro.

Jouer aux cartes sans les cartes

Un point un peu annexe mais qui fait toujours plaisir : Star Realms dispose d’une excellente version « jeu vidéo » officielle. Le jeu est disponible sous Windows, Mac, Android et iOS. Votre progression dans la campagne peut être synchronisée entre différents appareils, de même que vos achats. En effet, le jeu propose une démo gratuite permettant déjà de se faire une bonne idée du gameplay, mais ensuite il faut payer 5€ pour débloquer le jeu de base, puis quelques euros supplémentaire pour les extensions (qui sont tout à fait dispensables, au moins dans un premier temps). Il est possible de jouer en ligne, avec un système de matchmaking pour trouver des joueurs de votre niveau. Il est également possible de défier directement des potes (ou les meilleurs joueurs du leaderboard si vous êtes à tendance masochiste). L’appli elle-même est très ergonomique et bien pensée.

Si le jeu vous tente, je vous invite vraiment à commencer par là pour bien assimiler les règles et voir si le jeu est fait pour vous avant d’investir, que ce soit dans les extensions numériques ou dans le jeu physique. Il vaut mieux commencer sur PC ou sur tablette pour ne pas s’arracher les globes oculaires, mais une fois les cartes bien connues le jeu est tout à fait jouable sur un écran de téléphone. Cette appli bien fichue a ouvert la porte à une scène compétitive assez dynamique, qui s’est notamment établie autour du forum BoardGameGeek.

TL;DR:

Si vous cherchez un petit jeu pas cher, vite expliqué et vite joué, et qui vous tiendra en haleine pour de nombreuses parties, ne cherchez plus : jouez à Star Realms ! Et argument ultime : si vous avez un smartphone, le jeu pourra aussi vous occuper pendant les pauses « grosse commission » grâce à son appli au poil !

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