La merveille de trop ?

J’adore les merveilles. Mais si, cet espèce de biscuit style « crêpe frite » ultra-sucrée qu’on trouve en Suisse aux environs de Carnaval. Sérieux, cette explosion de gras et de sucre croustillant qui te surprend en venant te chatouiller la langue ! C’est toujours un plaisir immédiat et à peine terminée, la seule envie est d’en enfourner une autre. Jusqu’à ce que l’estomac hurle « stop » et qu’on se jure de ne plus y toucher…
Miam

A l’origine

Je découvrais les jeux de plateau depuis une année par le chemin classique : Catane, Aventuriers du Rail, Small World… jusqu’à Caylus et Agricola, le summum à mon sens. Les plateaux en cartons rigide, les kubenbois, y’a rien de mieux, tout se construit, s’emboîte bien et se déroule au poil, c’est propre, net et sans bavure. Je n’avais alors qu’un œil dédaigneux pour ces jeux avec des tas de cartes en tout genre qui te foutent un de ces bordels dans les règles et sur la table. Oui, Agricola sait lui aussi bien te charger une table en matos mais c’est du bordel bien rangé, de l’ordre, un régal pour les yeux. A ce moment j’étais un peu hautain et bête, mais ça allait changer.
7 Wonders a été le choc. J’ai testé ça par hasard, le coup de cœur a été instantané.

Petit jeu mais costaud !

Petit jeu mais costaud !

7 Wonders : grandeur

Des beaux petits plateau individuels et un tas de jetons au milieu, ça m’a mis en confiance. Marrant, ce coup de se passer les mains de cartes, le draft qu’ils appelle ça. Et une fois en jeu, c’est l’explosion : il faut construire, grandir, choisir… Entre les dilemmes cornéliens, la tension continue, les interactions et confrontations de stratégies ; on est sans arrêt étonné par ce jeu fluide qui se boucle en 40mn. A la fin j’ai dit deux choses : « okécébonjachète » et « encore une ? ». Dans l’engrenage, le doigt, direct. 7 Wonders, c’est une merveille avec son sucre et son croustillant.

7 Wonders

J’avais un groupe de « réguliers » avec qui on se retrouvait de temps en temps pour du jeu de carte, du Catane voire un Taboo ou un Time’s Up si on étais nombreux.
Je leur ai fait goûter la merveille, ça n’a pas traîné : une soirée hebdomadaire dédiée s’est mise en place et nous avons enchaîné les parties jusqu’à plus soif. A 4, 5, 6 ou à 7, dans toutes les configurations de tables et en tirant les plateaux au hasard, on a tout fait. Même en dehors de nos soirée, on continue à en parler, à se chambrer et discuter stratégie gagnante. Un des points fort du jeu : du moment que le niveau est à peu près le même pour tous, il n’y en a pas vraiment de stratégie ultime. Seulement une succession de bon choix, de configuration du moment et d’une pointe de chance « ouais, surtout de la grosse moule » (un perdant, 14.07.2015).

-compresseurEt c’est très bien foutu : à peine on croit en avoir fait le tour que pointent les extensions. Leaders et Cities sont tellement cohérentes qu’on dirait qu’elle font partie du jeu de base. Le sucre glace sur le biscuit. Elles permettent également le jeu 8, ce dont on ne s’est pas privés. Et on a continuer à jouer, jouer… Y’a pas à dire, un tel enthousiasme, c’est que le jeu est quand même plutôt bien foutu.

… et décadence

De mon côté, j’ai continué mon petit chemin en découvrant de nouveaux jeux, de beaux plateaux (Jamaica), de belles boites bien remplis (Puerto Rico, Taluva), des trucs avec des dés (Waggle Dance) et des pions à tout va (Myrmes). J’ai réussi à en sortir un par ci par là mais pas moyen de les débrayer : 7 Wonders continue à truster toute nos soirées. Heureusement, comme les merveilles de carnaval, on finit par se lasser… Mais voilà, comme la chose est bien faite, en même temps que la lassitude se pointe arrive une double-extension (Babel) et sa profusion de matos pour relancer le jeu de plus belle.

7 Wonders: Babel

Et nous voilà reparti sans que je puisse les arrêter ! Babel bouscule un peu les habitudes, déstabilise et demande un réapprentissage, mais amène moult chaos et confusion. Les grands projets sont sympas mais pas spécialement indispensables…
Là c’est bon, stop, j’en peux plus, le trop plein, l’overdose. Mais encore faudrait-il que mes partenaires s’en lassent. Et pourtant j’ai bien l’impression qu’ils peuvent encore en avaler, de la merveille…
7 Wonders, t’es bien foutu, t’es pas con, t’as la classe et du succès. Mais voilà, t’es un peu trop beau, tu te la pète ! Pousses-toi donc un peu, je ne peux plus te voir. Les merveilles, c’est sympa pour le goûter, n’en abusons pas, faut garder de la place pour la bonne bouffe qui vient ensuite.

 

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