A l’aventure, compagnons

Je vais vous conter l’histoire de Robert et Gérard, habitants de Gloomhaven, qui souhaitaient sortir de leur train-train quotidien et faire fortune. En voyant tous ces aventuriers avec leurs besaces pleines d’or, ni une ni deux, ils avaient trouvé leur vocation: l’Aventure (avec un grand A) ! Robert étant assez balaise, il s’était dit qu’équipé d’une bonne paire de bottes, d’un petit glaive et d’une potion de soin, il se débrouillerait bien en tant que Brute.

Quant à Gérard, plus fluet, il pensait avoir les capacités pour devenir un Tisseur de sorts et il se procura son attirail en conséquence: un bâton, une cape et une potion de puissance. Après ses achats qui avait épuisé leurs dernières économies, les deux compères décidèrent de partir à la recherche d’une quête à accomplir. C’est à ce moment là que nos deux amis rencontrèrent Jekserah, une femme vêtue d’une cape écarlate, à la taverne du Lion Dormant.

A la vue des parures qui ornaient la cape, il ne faisait aucun doute qu’elle avait assez d’or pour les nourrir quelques dizaines d’années sans forcer. Aussi, quand elle se présenta à eux, prête à payer 10 pièces d’or, sonnantes et trébuchantes, pour retrouver la trace d’un voleur et récupérer ses biens, cela semblait trop beau pour être vrai. L’aventure allait commencer !

Sitôt la femme partie, Gérard et Robert en profitèrent pour fêter ça.
Gérard: – T’y crois ça ? On va se faire un max de pognon sans efforts ! Je t’avais dit que c’était du tout cuit. Aventurier, c’est le job en or !
Robert: – Carrément ! D’ici 2 mois, on va être riche à ne plus savoir quoi faire de not’ pognon ! Hahahaha !

A peine eurent-ils le temps de proférer ces mots qu’une bagarre commença à éclater dans la taverne, entre une énorme armoire à glace ressemblant plus à un ours qu’un homme et un Inox (http://www.cephalofair.com/races-gloomhaven) tout aussi massif.
« Qu’est-ce que t’as dit à propose de mes cornes ? » cria l’Inox.
« Je dis qu’elles me donnent envie de gerber ! » répondit l’homme.
Aussitôt ces belles paroles proférées, les deux mastodontes fondirent l’un sur l’autre et c’est à ce moment qu’une bagarre générale éclata dans la taverne.

Robert: – Bon, ben, on va dire que ça nous f’ra d’l’entraînement ! Allez mon p’tit Gégé, on va leur montrer c’que c’est qu’des aventuriers. J’prends l’rabougri à droite, tu t’fais son voisin ! Yaaah !
Gérard: – Hum… euh… ok. Mais tu sais, moi le physique…
Robert: – Allez, j’te dis. C’est deux p’tits gabarits, tu crains rien !

Ajoutant à la confusion générale, ils se joignirent donc à la bagarre, mais c’était sans compter le propriétaire de la taverne qui avait déjà prévenu la maréchaussée. La bagarre s’arrêta aussi vite qu’elle avait démarré et la casse engendrée allait devoir être réparée. Nos deux héros sans le sou ne purent rien y faire et ce sont donc sous les insultes du-dit propriétaire qu’il durent s’en aller de l’établissement.

Gérard: – Le proprio avait pas l’air content… Tu crois qu’il va nous faire une mauvaise pub ?
Robert: – Pfff, qu’est-ce qu’on en a à faire ? Y’en a plein de tavernes. Tu crois qu’un pauv’ proprio va écorcher notre réputation ? Allez, on va aller chercher notre voleur, j’ai envie de distribuer quelques baffes.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, Robert alla enquêter dans les allées sombres de la ville, en menacant tous les vauriens des environs jusqu’à trouver une piste sérieuse. Après quelques heures de diplomatie « virile » (ou certains diront, de menaces ouvertes), ils eurent leur indice: le voleur s’était enfui au Tumulus Noir. Un bien joli nom, n’est-ce pas ?

Sans attendre, ils décidèrent d’aller en ce lieu situé à quelques encablures de la ville. Malheureusement, en sortant de la ville, ils se rendirent compte qu’il commençait à se faire tard. Ils avaient perdu beaucoup de temps en ville et n’avait pas prévu que le crépuscule pointait déjà. Mais, une fois que Robert a une idée en tête, on peut difficilement le convaincre d’autre chose.
Gérard: – Robert, tu veux pas attendre demain. Là, on va p’têt avoir des problèmes non ?
Robert: – Mais non, on est bon j’te dis. Le Tumulus est tout près, on a largement le temps de faire l’aller-retour avant que le nuit tombe, t’inquiète, je gère.
Gérard: – Si tu le dis…

Et comme vous vous en doutez, Robert avait tort. Dès la première lieue parcourue, la nuit était tombée et on commençait à entendre les hurlements des loups. Ces derniers d’ailleurs commençaient à ce rapprocher.
Gérard: – On ferait p’tet bien de se presser. J’ai pas envie de me trouver nez à nez avec une horde affamée…
Robert: – Pfff, c’est pas deux pauvres louveteaux qui vont me faire peur. On craint rien j’te dis.

A peine ses paroles proférées, la horde surgit des buissons. Affamée et dégarnie, elle encercla le pauvre groupe et commença à attaquer. Il y en avait un peu plus que Robert ne l’imaginait. Non sans mal, nos aventuriers réussirent à repousser les loups avec quelques blessures.
Robert: – Tu vois ? On gère nickel! Bon, t’as p’têt une grosse égratignure au visage, mais ça te rend plus viril !
Gérard: – Mouiii… Enfin, ta blessure à la jambe a quand même une sale tête…
Robert: – Du pipi de chat ! On a juste un aller-retour à faire et on est bon.

Après quelques dizaines de minutes de marche, ils arrivèrent enfin au Tumulus Noir. Une fois entrés, ils s’aventurèrent dans des escaliers plongeant dans la pénombre la plus totale. Quelques temps après, ils atteignirent une source salvatrice de lumière et, avec elle, une odeur de mort. Une fois habitués à la luminosité retrouvée, Robert et Gérard purent enfin voir quels genres de voleurs pouvaient se terrer ici: un ramassis de coupe-gorges qui ne semblaient pas ravis de vous trouver ici.

« Occupez-vous de ces demeurés ! » dit celui qui semblait être le chef.
« C’est pas souvent qu’on en a des aussi stupides. Ils viennent nous livrer eux-même leur pognons! Hin hin hin » renchérit un des bandits.
« Et maintenant, mourrez ! » enchaina un troisième, sortant une vieille dague rouillée de sa ceinture.
Robert ne se laissa pas démonté et sourit à pleine dents. Les bandits ne se doutaient pas que ni lui, ni Gérard n’avait plus un rond.

Après quelques combats acharnés, à esquiver les flèches et les sorts de Gérard mal calibrés, à assommer les bandits avec leurs propres épées et à se soigner tant bien que mal, Robert et Gérard arrivèrent un peu mal en point devant le fameux voleur de Jekserah. Petite surprise, cependant, avec lui se trouvait des squelettes !
Robert: « Oh, hey, j’ai pas été payé pour ça! »
Gérard: « T’inquiète, je crois que j’ai compris comment ça fonctionne, la magie. Si je combine ça avec ceci, ça devrait le faire… »

C’est sur ces derniers mots que Robert et Gérard conclurent leur aventure… Sur un magnifique feu d’artifice qui engloba la pièce entière et épuisa nos aventuriers pour de bon. Ils trouvèrent cependant la force de remonter à la surface, et, éreintés, il s’allongèrent à la belle étoile. Gérard ne put s’empêcher de dire à Robert: « Nan, mais là, j’étais pas chaud. J’t’assure, j’ai vraiment compris ! »

Et voilà à quoi peut ressembler un scénario de Gloomhaven. Alors, vous aussi vous vous sentez l’âme d’un aventurier ?

 

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