Prom’nons nous dans l’donjon, pendant qu’il n’y a pas de dragon…

1988. J’ai 7 ans et je découvre pour la première fois le principe d’exploration d’un « donjon » à travers Zillion, sur Master System. Quelques années plus tard, je poursuivrai mes explorations vidéoludiques avec Phantasy Star II et IVShining the Holy Ark ou Diablo 1 et 2.
En parallèle, je découvre les jeux de plateaux et plus particulièrement Heroquest et Space Crusade. Que d’après-midi passés à arpenter des couloirs, en trucidant Orcs et Genestealers ! Viendra plus tard Advanced Dungeons & Dragons V2 où les tuiles des donjons sont remplacées par des dessins sur des feuilles à petits carreaux. Mais toujours la même envie de progresser dans l’inconnu, d’aller encore un peu plus loin, sans savoir ce qui nous attends au bout du couloir…

Here comes two new challengers…

2017. Je suis désormais papa de deux petits gars. Parmi la multitude de choses qui me traverse l’esprit se trouve une liste des activités que j’ai hâte de pouvoir partager avec eux. Et dans cette liste figurent notamment les jeux de société… Mon grand va bientôt avoir 5 ans, le temps est venu de lui faire goûter les joies du « dungeon crawling »…

Mais par où commencer ? J’ouvre mes armoires : Zombicide Black Plague ? Masmorra Dungeons of Arcadia ? The 7th Continent ? Hum… trop petit. J’entends parler de Mice & Mystics, mais les règles sont apparemment mal gaulées. Et pourquoi pas Heroquest ? Malheureusement la nostalgie se paie à prix d’or. Et puis je découvre un jeu de 1975, remis plusieurs fois au goût du jour : Dungeon! Je profite donc de la venue à la maison de mon neveu âgé de 8 ans pour tester ça…

Dungeon! est, comme son nom l’indique, un jeu de société pour 1 à 8 joueurs à partir de 5 ans où les joueurs vont explorer un… donjon ! Le principe est simple : chaque joueur incarne l’un des 4 archétypes de héro possibles (voleur, clerc, chevalier et magicien) puis part explorer le donjon jusqu’à récupérer suffisamment de trésors pour pouvoir sortir. Le donjon est représenté par un plateau sur lequel figurent les différentes salles qui le compose. Les salles sont réparties suivant 6 niveaux de difficulté, la difficulté étant matérialisée par le monstre qui garde la salle et la valeur du trésor à trouver.

Le plateau de jeu, avec les salles regroupées par niveau / couleur.

 

Les combats justement. Ils ont l’avantage d’être extrêmement simples : chaque monstre est représenté par une carte sur laquelle figure le résultat minimum à faire avec 2 dés 6 faces pour battre le monstre. Si le résultat est supérieur à la valeur demandée, le monstre est anéanti et le joueur peut piocher une carte trésor correspondant au niveau du monstre. A l’inverse, si le résultat du jet de dés est trop faible, le monstre riposte ! On jette les 2 dés, et une table indique ce qui se passe en fonction du résultat (rien, perte d’un ou plusieurs trésors, voire la mort de l’aventurier !). Petite subtilité : le résultat à faire n’est pas le même en fonction de la classe de personnage jouée ! Les voleurs et les clercs auront donc plutôt tendance à explorer les salles de niveaux 1 à 3, les chevaliers et les magiciens les niveaux 4 à 6. A noter que pour compenser la différence de niveau, les voleurs et les clercs n’auront besoin que de 10’000 pièces d’or pour sortir, les chevaliers 20’000 et les magiciens 30’000. Ajoutez à tout ça des objets magiques, des passages secrets et des sorts de combats, vous obtenez alors un vrai petit jeu de rôle pour enfant.

Exemples de monstres de niveau 1 à 6. En vert, le résultat à faire avec un voleur, en bleu avec un clerc, en mauve avec un chevalier et en rouge avec un mage. Orange et jaune correspondent aux sorts du mage.

Exemples de trésors associés. Certains procurent en plus des bonus, comme l’épée magique qui permet d’ajouter +1 ou +2 au résultat du jet de dés !

4 ou plus avec 2 dés ? Pfff… Facile ! Ah ben non tiens, oups…

Alors est-ce que c’est bien ? Ben oui, sinon je n’en parlerai pas ! Mais pour modérer mes propos, j’ajouterai que c’est bien avec les joueurs appropriés, à savoir des enfants. Pas de mécaniques et stratégies complexes à mettre en œuvre, on est là pour partir à l’aventure, combattre des goules et des dragons, collecter des trésors, le tout avec 2 dés 6 faces. C’est rapide (< 30 minutes), c’est fun et en plus pas cher (moins de 20€). Attention toutefois, le jeu est entièrement en anglais, mais une fois les quelques cartes particulières expliquées, ça roule nickel. C’est une excellente introduction vers des jeux plus pointus et exigeants. En plus, il est très facile de complexifier le jeu, il existe de nombreuses règles alternatives, dont un mode coopératif très prometteur.

Verdict de mon gamin et de mon neveu ? « On peut faire une autre partie ?!? Ton jeu, il est trop bien ! ».

2017. On vient de m’attribuer le titre de « Meilleur papa et tonton du monde ».

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