Souvenirs d’Allemagne

3 fois que je croise Croc

Purée Croc ! Pour moi Croc c’est Bitume, le jeu de rôle Mad Maxien. Mon pote l’interpelle « Hé Salut Croc ! ». Je me cache derrière ma main, il a un sale caractère à ce qu’on dit . Mon pote n’a même pas trente ans. Il ne connaît Croc que car c’est lui qui lui a fait découvrir Summoner Wars sur Tric-Trac tv. Il ne connaît pas « In Nome Satanis » ni « Claustro ». « On se connaît ? » « Heu non, je t’ai vu sur Tric Trac Summoner Wars ». Croc qui répond « L’embêtant, c’est que nous, on ne voit pas ceux qui nous regardent. » Avec le sourire. Il a la classe Croc. Et il aime bien Summoner Wars.

Essen 2013, j’arpente avec mes amis les allées du Messe. Depuis quelques mois, nous sommes en plein binge playing de Summoner Wars. On se massacre à coup de Phoenix Elves, Benders, Toundra Orcs etc… Enfin, je me fais surtout massacré par le deck Filth de mon pote impossible à contrer. Nous rencontrons son sympathique auteur, Colby Dauch, sur le stand de Filosofia et le non moins sympathique Guillaume qui travaille de nos jours chez Tric-Trac. On fait un peu joujou dont une partie de Bioshock Infinite. Un copain achète le jeu de plateau, j’achèterai le jeu vidéo ensuite et ne le regretterai pas même si je suis assez peu friand de FPS : le jeu de plateau est excellent, le jeu vidéo est un chef d’œuvre.

3 jours à déambuler

A essayer, à regarder, à écouter des explications de jeu. Imaginez le jeu complexe, mal foutu, expliqué dans un sabir mi-anglais mi allemand teinté d’accent polonais. Je croise le regard vide de mes potes, nous balbutions quelques excuses et, regards fuyants, nous prenons la poudre d’escampette. Lors de notre fuite nous tombons sur quelques tables à moitié vide et je suis invité par une Anglaise aux cheveux bleus à m’asseoir pour essayer un jeu. Nous nous préparons à fuir quand j’aperçois ce qui traîne sur la table. Un plateau de jeu avec des cases rectangulaires et quelques cartes joliment illustrées. C’est un orque ça, tiens, c’est un nain ça… Mais ça ressemble à Summoner Wars. Ok ok essayons.

Ce que l’on nous présente est un jeu anglais pour deux joueurs édité par Black Box Games nommé Lords of War. La petite boite contient un papier format A3 pompeusement nommé Battlemap, la règle du jeu et 72 cartes. Un sticker annonce fièrement que le jeu a reçu l’award 2013 du meilleur jeu de carte stratégique à l’UK Games Expo. Les illustrations me rappellent un peu le style de Gary Chalk qui illustrait la série Loup Solitaire de mon enfance, mâtiné de Warhammer Fantasy.

3 minutes d’explications et nous jouons

C’est un jeu de placement tactique. Chaque carte montre une valeur sur ses différents côtés et dispose d’une valeur d’armure. À chaque tour, il faut engager une carte de l’adversaire, c’est-à-dire que l’une des flèches pointe en direction d’une carte de l’adversaire. Si la valeur totale des flèches pointant vers un adversaire dépasse sa valeur d’armure, la carte est détruite. Sur le coup, on apprécie bien. On achète les petites boites.

Bon, à vrai dire, il ne s’agit certainement pas d’un jeu ressemblant à Summoner Wars. C’est assez sec, cérébral, mathématique. On calcule, on place, on élimine. Il y a des unités tirant à distance et des unités de soutien qui se placent différemment (pas besoin d’engager un ennemi) mais ça reste sec, on ne s’attache pas vraiment à aucune de ses cartes. On aurait pu remplacer toutes ces illustrations par quatre couleurs et cela n’aurait pas changé grand chose. Black Box Games a connu un petit succès, mais leur dernier financement participatif s’est terminé en eau de boudin avec leur disparition pure et simple sans même un bisou d’adieu.

3 sandwichs à la saucisse plus tard

Nous tombons -ouille- sur le stand de Gale Force Nine présentant le jeu Firefly. Gale Force Nine ? Si si vous connaissez : Spartacus A Game Of Blood And Treachery. Le pire jeu de crasse de l’histoire du jeu de crasse. C’est grâce à eux -et à Black Book Editions-que nous avons l’honneur d’avoir une version française de D&D5 (brillamment présenté ici même par le sémillant L’invité) béni soit leur nom. Un plateau spatial avec des vaisseaux tout aussi spatiaux des cartes illustrant des personnages semblant sortis d’un film… Star machin chouette ? Non mon copain me dit que c’est tiré de Firefly une série de Joss Whedon. Ok ok ça m’a pas l’air mal. Des vaisseaux, des contrebandiers, des pew pew dans l’espace. Impossible d’y jouer, mais je claque mes derniers euros dans un exemplaire. Cela amputera notre budget bières-saucisses du soir. Tant pis, on fera que bières.

Firefly c’est révélé être l’un de mes jeux favoris de ce périple allemand. On prend des missions, on recrute un équipage, on fait du commerce, on voyage, on améliore son vaisseau. Fun fun fun. Du coup, je vais regarder la série un sympathique western low-cost dans l’espace. Christina Hendricks est tombée amoureuse de moi pendant le visionnage, ça m’arrive souvent : il y a peu de temps Rhea Seehorn n’a pas arrêté de me draguer pendant les trois saisons de Better Call Saul et j’ai dû mettre le 06 de Katheryn Winnick en numéro bloqué après quelques épisodes de Vikings.

3 ans et 405 jours

(oui, c’est un peu facile) ont passé depuis ma première et, à ce jour, dernière visite dans la Ruhr. J’étais comme un gamin de 10 ans passant 3 jours dans un magasin de jouets géant avec une carte bleue. Même si à la fin les jouets n’était pas tous aussi bon qu’il avait pu l’imaginer. Peu importe découvrir des jeux, des figurines, des illustrations, des univers, c’est toujours Noël même quand on a plus l’âge. S’asseoir à une table juste parce que c’est expliqué en français et que le cerveau est fatigué. Jouer à un jeu débile où l’on doit capturer des femmes vikings avec des drakkars. Faire la queue pour se faire dédicacer un jeu auquel on ne jouera qu’une fois. Piétiner pendant des kilomètres. Guetter la moindre chaise libre parce qu’on est crevé tout en redoutant de voir le gentil animateur débouler avec un énième jeu de placement d’ouvrier tudesque.

On y retournera sans doute pas. On économise pour la GenCon. C’est ce que nous nous racontons en tout cas. Purée la GenCon ! Soyez prêts pour le debrief dans… 3 ans.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *